L’anxiété
Dr Richard Boyer

L’anxiété

L’anxiété constitue actuellement le principal problème en matière de santé mentale. Des études épidémiologiques démontrent qu’un tiers de la population en serait affecté. Cependant, un très grand nombre de ces personnes ne sont pas traitées. Cette situation s’explique par le fait que l’anxiété est un phénomène complexe, difficile à définir. Il convient donc de bien distinguer l’anxiété normale de l’anxiété dite pathologique ou encore de nuancer entre l’anxiété, la peur, la phobie et le stress.



L’anxiété normale ou pathologique

Les cycles successifs de la vie occasionnent de l’anxiété à des degrés divers. L’adolescence, la ménopause et le troisième âge sont des périodes de vie particulièrement propices à l’anxiété puisqu’elles exigent une adaptation aux changements profonds qui s’effectuent dans l’organisme. L’anxiété bénigne est utile, car elle contribue à l’adaptation et incite l’individu à trouver des solutions ; elle est source d’action et de changements.

Lorsque l’anxiété devient extrême, donc pathologique, elle altère le fonctionnement de la personne et ce, dans la plupart des sphères de son existence. Une personne souffrant d’anxiété sévère vit des difficultés considérables tant au travail que dans sa vie familiale, sexuelle ou sociale.



La peur et la phobie

La peur, quant à elle, est une émotion similaire à l’anxiété, mais elle se manifeste normalement en réponse à un danger ou une menace réelle. Ainsi il est normal d’avoir peur en forêt lorsqu’on se trouve face à un ours. Mais si l’on s’inquiète des mois à l’avance à cause d’un examen médical de routine, on est anxieux.

Dans le cas où une peur devient extrême face à une situation imaginée comme dangereuse et qu’elle tend à engendrer l’évitement de cette situation, on parle alors de phobie. Dans la phobie, le danger n’est pas réel. Il existe plusieurs sortes de phobies : phobie des animaux, des lieux clos, de la noirceur, des hauteurs, etc...



Le stress et l’anxiété généralisé

Le stress est un mot à la mode et on l’accuse de bien des maux. On parle de stress lorsqu’on peut identifier un ou plusieurs agents qui le provoquent et qu’on appelle agents de stress. Par exemple, d’importantes difficultés financières, un divorce, un congédiement sont définitivement des agents de stress pouvant générer un certain niveau d’anxiété.

L’anxiété généralisée fait référence à un état global résultant de plusieurs facteurs. Des agents de stress provenant de l’entourage, des facteurs biologiques, soit une forme de prédisposition héréditaire et des facteurs psychologiques comme un mécanisme de défense insuffisant.



L’anxiété pathologique

L’anxiété pathologique peut-être engendrée par trois types de maladies :

  1. La maladie physique, par exemple l’hyperthyroïdie. Dans ce cas l’anxiété est secondaire et, après la guérison, elle disparaîtra ;

  2. Les maladies mentales (autres que les troubles anxieux) : la dépression, les psychoses et la maniaco-dépression s’accompagnent souvent d’une anxiété marquée. Dans ces cas, l’amélioration du trouble mental pourra réduire considérablement celle-ci ;

  3. Toute la gamme des troubles anxieux tels : la dépression anxieuse, l’anxiété généralisée, les crises de panique, les phobies et le trouble obsessionnel-compulsif. En présence de ces syndromes, l’anxiété est un phénomène primaire c’est-à-dire prédominant.



Causes et symptômes

Les causes et les symptômes des divers troubles anxieux diffèrent selon le type de trouble en présence. Au tableau suivant on résume très brièvement les causes et les symptômes de la maladie qui génèrent l’anxiété.



Prévention et traitements de l’anxiété

Peut-on parler de prévention de l’anxiété ? Oui, et non.

Si l’anxiété découle surtout d’un problème situationnel et passager sur lequel on a une certaine emprise, il est possible de la prévenir en modifiant certaines habitudes de vie. Une bonne hygiène de vie peut grandement di-minuer l’anxiété pour la ramener à un niveau tolérable.


Parmi les éléments d’une bonne hygiène de vie, mentionnons :

  •  un bon équilibre entre le travail, le repos et les loisirs
  •  une faible consommation de caféine, d’alcool, de nicotine
  •  une bonne alimentation
  •  et surtout, l’exercice régulier


    Lorsque l’anxiété est liée à des facteurs individuels de nature biologique et psychologique, la prévention est beaucoup plus problématique. Il va sans dire qu’une bonne hygiène de vie ne peut que favoriser le réta-

    blissement de la personne, mais en présence d’une anxiété pathologique, il faudrait recourir à un traitement médical qui sera adapté à chaque cas particulier.

    Parmi les traitements possibles, notons le traitement pharmacologique, qui a connu un essor important ces dernières années. Mais les médicaments ne peuvent pas tout résoudre et une démarche psychologique sous forme de thérapie est indiquée dans la plupart des cas.



    En conclusion

    L’anxiété n’a pas qu’une cause unique. Elle est plutôt dé-clanchée par une association de facteurs physiques (bilogiques) et environnementaux (agents de stress).

    Certains scientifiques pensent que l’anxiété est un réflexe conditionné. Selon une théorie psychanalytique, l’anxiété est la manifestation d’un conflit inconscient, d’une maladie, d’une crainte ou d’un événement psychologique troublant qui s’est produit durant l’enfance. Chez certaines personnnes, la façon dont elles ont appris à faire face aux évémenents de la vie peut entraîner une prédisposition à l’anxiété.

    Finalement, les scientifiques sont en train d’étudier l’importance de l’hérédité et de la biochimie du cerveau en ce qui concerne les troubles anxieux. Il semble de plus en plus certain que des déséquilibres biochimiques seraient responsables de l’apparition de ces maladies.